Aimable coeur
[ Personnages
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Acte III, scène I
Cassandre - (Entre, chantant en berçant un enfant) Au temps des amours les oiseaux chantent et la forêt répond de son écho.
Firmine - (Surprenant Cassandre) Vous voilà bien heureuse ma reine.
Cassandre - (Sursautant) En voilà une idée de faire ainsi sursauter ta reine.
Firmine - Pardonnez-moi ma reine, mais vous voir heureuse me remplit de bonheur. Est-ce le mariage de ce cher Octavio avec la belle Esméralda ou la naissance de votre petite fille qui souffle sur vos ailes angéliques et vous fait voler d'allégresse.
Cassandre - Les deux ma chère, les deux! Je vole dans un bonheur estival, je berce ma petite princesse, tandis que ce cher Octavio est bercé, en sa lune de miel, par les caresses de la princesse Esméralda.
Firmine - (Regardant l'enfant) Elle a vos yeux ma reine.
Cassandre - (Elle soupire) Si seulement Octavio était son père et qu'elle avait ses yeux.
Firmine - Mais, ma reine, comme personne n'arrive à vous différencier vous pourriez vous faufiler dans le lit de votre amant sans que rien n'y paraisse.
Cassandre - (Offusquée) Quoi? Tu voudrais que moi, la reine, je trompe mon mari, le roi et cette charmante enfant sous une supercherie de gamine! Comment oses-tu me proposer un projet aussi infâme. (Boudeuse) Tu m'insultes en me disant que je serais capable d'un tel affront au roi.
Firmine - (Nerveuse) Pardonnez-moi ô ma reine, de vous avoir insultée, telle n'était pas mon intention.
Cassandre - Soit! Je veux bien te pardonner, à condition que tu ne laisses jamais plus entendre que je serais capable de trahir mon mari.
Firmine - Je promets ma reine que je ne ferai jamais plus allusion à quoi que ce soit qui pourrait vous compromettre.
Cassandre - Laisse-moi maintenant et porte Lycéa à sa nourrisse; l'heure de son repas approche.
Firmine - Bien ma reine! Je sors ma reine! (Elle prend l'enfant et sort)
Cassandre - (Désolée) Pauvre soubrette! La voilà si troublée! Pourtant, il me fallait bien agir ainsi, car si la pauvre avait appris nos plans d'échanges conjugaux, elle aurait été capable d'ameuter le palais tout entier. Ainsi, personne ne verra la différence. Comme il me tarde d'être déjà ce soir.
Acte III, scène II
(Entre Hyppolithe et Esméralda se faisant passer pour Cassandre)
Hyppolithe - Octavio me semblait heureux à son retour.
Esméralda - Vous savez aussi bien que moi, qu'un homme nouveau marié a toujours l'air épanoui.
Hyppolithe - Cela fait déjà un mois qu'ils étaient partis dans le château du roi Hospodar et les voilà enfin qui daignent nous rendre visite.
Esméralda - (L'enlaçant) Vous savez aussi bien que moi, que les amoureux sont seuls au monde. Ils s'adonnaient sans doute à des jeux d'adultes. (Au public) J'en sais quelque chose, j'y étais.
Hyppolithe - Vous voilà bien câline tout à coup.
Esméralda - C'est que de parler mariage me rappelle notre lune de miel et me donne des envies de femmes.
Hyppolithe - Pourtant, nous avons savouré la nôtre que le lendemain de notre mariage.
Esméralda - Je sais mais,... c'était tout de même notre lune de miel. (Elle l'embrasse dans le cou)
Hyppolithe - Je ne puis qu'être en accord avec vos dires.
Esméralda - (Au public) Fiou! J'ai failli oublier ce petit détail.
Hyppolithe - Vous dites ma mie?
Esméralda - Je...Je pensais à voix haute.
Hyppolithe - Et m'est-il possible de connaître vos pensées.
Esméralda - Je me disais que...
Hyppolithe - Que?
Esméralda - Que depuis le temps où j'ai enfanté jusqu'à aujourd'hui, j'ai su ce que était d'oublier le parfum de notre amour. Et...
Hyppolithe - Et?
Esméralda - Et de voir revenir nos tourtereaux m'a redonné le goût de mon mari.
Hyppolithe - Comme il est doux de se savoir désiré dans les bras d'un ange.
Esméralda - (L'enlaçant passionnément) Oh! mon mari, cela me donne une idée! Célébrons notre seconde lune de miel.
Hyppolithe - Je goûte à l'instant, le nectar de l'amour. (Il l'embrasse)
Esméralda - (L'attirant vers la chambre) Allons déguster les doux plaisirs du mariage.
Hyppolithe - Je vous suis toute belle, mais pas avant de vous avoir fait une confidence.
Esméralda - Auriez-vous des vices cachés mon tendre époux?
Hyppolithe - Je n'en ai qu'un.
Esméralda - Et quel est-il?
Hyppolithe - Vous vous souvenez de toutes les fois où vous m'avez consolé?
Esméralda - Comment aurais-je pu oublier, vous faisiez si pitié. (Au public) Heureusement que Cassandre a eu la présence d'esprit de me raconter tout cela dans nos secrètes correspondances.
Hyppolithe - Hé bien, comme je savais que vous me préfériez Octavio, j'inventais quelques histoires tristes afin de me blottir en vos bras.
Esméralda - Vous m'aimiez donc à ce point.
Hyppolithe - Plus que je n'aimerai jamais.
Esméralda - Que c'est beau l'amour!
Hyppolithe - Vous voilà bien rêveuse.
Esméralda - C'est que vos paroles me vont droit au coeur. Sachez que désormais je vous aimerai sans détour et de tout mon coeur. Mais cessons là notre discussion et passons aux actes avant que mes ardeurs de femmes ne s'éteignent. (Elle l'embrasse passionnément)
Hyppolithe - N'ayez crainte ma reine, à déguster votre dernier baiser, je ne m'inquiète point de vos ardeurs. Allons nous mijoter un futur roi. (Ils sortent amoureusement)
Acte III, scène III
(Le lendemain)
(Entre Cassandre au bras d'Octavio qu'il croit être Esméralda)
Cassandre - Comme il est agréable de marcher au grand air après une si tendre nuit d'amour.
Octavio - Rien de tel que le grand air pour teinter de bonheur le doux visage d'une dame.
Cassandre - Et rien de tel que le doux regard d'une dame pour illuminer celui d'un homme.
Octavio - Surtout quand il resplendit de tendresse. (Il l'embrasse) Esméralda, dites-moi, Cassandre n'a-t-elle pas essayé de changer de place avec vous.
Cassandre - Et trahir la confiance d'Hyppolithe? Jamais elle n'aurait osé.
Octavio - Je dois vous faire un aveu. Je m'attendais à ce qu'elle profite de l'occasion pour s'introduire en mes bras.
Cassandre - Comme vous voyez, il n'en a jamais été question.
Octavio - Oui! Et je dois avouer que j'étais soulagé de vous trouver vierge.
Cassandre - (Faussement joyeuse) Vraiment?
Octavio - Mon cousin Hyppolithe est si sensible, il n'aurait sans doute pas supporté de la perdre.
Cassandre - Effectivement, il semble plutôt sentimental.
Octavio - D'un autre côté, je suis un peu déçu.
Cassandre - (Jouant la déception) Déçu?
Octavio - Oui, vous me dites qu'elle n'a fait aucune démarche pour me retrouver, si au moins il en avait été question j'aurais su que l'amour que je lui porte était partagé, mais je vois bien que son coeur appartient tout entier à Hyppolithe.
Cassandre - Il n'en a pas été question, mais il y des choses qu'une femme ne peut cacher.
Octavio - Comme quoi?
Cassandre - L'envie et la jalousie? Une femme ressent ce que vit une autre femme. (Aparté) Surtout quand celle-ci est imposteure.
Octavio - Et Cassandre? Que ressentait-elle?
Cassandre - Elle semblait m'envier et vouloir se mettre à ma place, mais sûrement par respect pour les normes établies, elle refusa de se prêter à cette comédie et de m'en glisser même un mot.
Octavio - Vos paroles me réconfortent un peu.
Cassandre - Vous l'aimez?
Octavio - Disons qu'elle ne me laisse pas indifférent. Oh! pardonnez ma mie ce manque de savoir vivre, je ne devrais pas partager de tels sentiments avec mon épouse.
Cassandre - Au contraire, si un mari ne dit pas tout à sa femme, comment celle-ci fera pour lui faire confiance. D'ailleurs, j'ai moi-même un aveu à vous faire. Je dois avouer que si j'avais eu à choisir j'aurais sans doute opté pour Hyppolithe, je le trouve plutôt mignon.
Octavio - (Il la regarde dans les yeux) Sachez ma mie, que j'apprendrai à vous aimer comme je l'aurais fait pour Cassandre.
Cassandre - Sachez mon époux, que s'il vous est possible d'apprendre à m'aimer j'en ferai autant à votre sujet.
(Ils se regardent amoureusement tandis qu'entre Futée et Pataud, déguisés en ours, deux brigands, en avant-scène)
Pataud - C'est une bonne idée Futée de me déguiser en ours pour faire fuir les amoureux. Ainsi on peut prendre leur bourse sans qu'ils se doutent de rien.
Futée - Évidemment Pataud que c'est une bonne idée, c'est moi qui l'ai eu. Voilà deux tourtereaux que nous saurons bien dépouiller de leur bourse.
Pataud - Allons de ce pas cueillir les surplus de ce prince avec ma peau d'ours il n'y verra que du feu. (Il part en direction de Cassandre et Octavio)
Futée - (Le retenant) Pataud reviens ici. Tu ne vois donc pas que cet individu est un noble habitué à tenir l'épée. La main qui enlasse la belle est placée prêt du fourreau et prête à dégainer. Si tu fonces sur lui comme un ours il t'embrochera pour défendre sa belle.
Pataud - Du lapin! Moi j'aime bien le lapin.
Futée - Tu ne réfléchis donc qu'avec ton estomac.
Pataud - Mais Futée j'aime bien manger.
Futée - Évidemment, tu ne penses qu'à ça.
Cassandre - Croyez-vous mon cher amour que nous aurons ce soir conçu un héritier pour le royaume.
Octavio - On dit que quand la lune est pleine les bébés se conçoivent ou embrassent la lumière du jour.
Cassandre - Et?
Octavio - Et bien la lune battait son plein la nuit passée.
Cassandre - Je n'ai qu'un souhait, c'est de me faire grosse pour vous.
Octavio - On croirait entendre Cassandre, tellement vous lisez dans mes pensées.
Cassandre - Mais, je lis dans vos pensées, comme toutes les femmes. (Elle l'embrasse)
Futée - Foi de Futée, nous allons dépouiller ces tourtereaux ou je ne m'appelle plus Futée Rusée.
Pataud - Allons-y!
Futée - Pas maintenant triple buse.
Pataud - Mais Futée, tu viens de dire qu'on allait les dépouiller.
Futée - Oui, mais pas maintenant.
Pataud - Mais pourquoi? Tu dis toujours que les amoureux ne voient pas venir les voleurs.
Futée - Et je dis aussi qu'il faut toujours attendre le moment propice pour attaquer.
Pataud - Et c'est quand le moment propice Futée.
Futée - Dis-moi Pataud, Tu m'aimes toujours?
Pataud - Oh! pour ça oui ma belle Futée sucrée! (Il va pour l'enlacer)
Futée -(Le repoussant) Arrête! Ce n'est pas le moment propice.
Pataud - Ha bon!
Futée - Tu m'as déjà embrassée!
Pataud - Oh non Futée! Je suis ben trop gêné.
Futée - (Au public) Ah! Quel idiot des fois. Je t'ai déjà embrassé?
Pataud - Oh oui! Même tu mets ta langue dans ma bouche et je sens toujours comme un chatouillis dans mon pantalon, ça fait tout drôle. (Il rit bêtement)
Futée - Ça suffit! Laisse tomber les détails et dis-moi quelle est la dernière chose que je te demande avant de t'embrasser?
Pataud - De me fermer les yeux! (Il ferme les yeux)
Futée -(Elle l'embrasse) Hé bien voilà le moment propice.
Pataud - Allons-y! (Il part)
Futée - (Le retenant) Pas maintenant.
Pataud - Mais c'est toi qui as dit que c'était le moment propice.
Futée - J'ai simplement voulu dire que le moment propice c'était quand les amoureux s'embrassent.
Pataud - Ah oui?
Futée - Tu viens de me dire que je te demandais de fermer les yeux avant de t'embrasser.
Pataud - Oui et alors?
Futée - Et alors? Hé bien Pataud, tous les gentilshommes savent que les dames trouvent les baisers plus romantiques quand on ferme les yeux.
Pataud - Vraiment?
Futée - Et le gentilhomme que voici connaît l'étiquette. Alors...
Pataud - Alors, on va leur demander de s'embrasser! (Il part)
Futée -(Le retenant) Non! Quel crime ai-je donc commis pour avoir un mari pareil! Nous allons nous cacher là-bas et quand ils fermeront les yeux pour s'embrasser on leur saute dessus et leur vole leur bourse.
Pataud - (Rit bêtement) Oh oui Futée, toi tu connais ça le crime.
Futée - Vas te cacher de ce côté là et moi je vais de l'autre et quand ils s'embrassent j'attrape la dame et toi le chevalier.
Pataud - D'accord Futée. (Il rit bêtement. Ils vont se cacher chacun de leur côté en arrière-scène)
Octavio - Comme il est bon de se perdre en votre regard d'amour.
Cassandre - Comme il est doux d'entendre s'écouler la mélodie de vos lèvres à mon oreille.
Octavio - Plus je vous regarde ma mie et plus vous me faites penser à Cassandre et plus vous me faites penser à Cassandre, plus je vous aime.
Cassandre - Et plus je vous regarde, plus j'apprends à vous aimer.
(Ils s'embrassent. Les brigands en profitent pour les attaquer. Futéesaisie Cassandre tandis que Pataud neutralise Octavio)
Futée - Donne-nous ta bourse où je la tue.
Octavio - Plutôt mourir que de céder à un tel chantage.
Pataud - S'il n'y a que ça pour vous faire plaisir.
Futée - Pataud non!
(Pataud le poignarde et saisit sa bourse. Cassandre pousse des cris d'horreur pendant que les brigands se sauvent)
Futée - Espèce d'idiot, si on nous retrouve on va être pendu.
Pataud - C'est pas ma faute, c'est lui qui l'a demandé.
(Futée lui donne une tape derrière la tête et ils sortent)
Futée - Non mais, quel lourdaud! Qui c'est qui m'a foutu un empoté pareil comme mari.
Cassandre - Octavio! Octavio! (Elle se penche sur lui) Mon bel amour, non! Je vous en prie parlez-moi, ne me laissez pas toute seule. À l'Aide! À moi!
Octavio - Esméralda...
Cassandre - Chut! Gardez vos forces mon amour. On va venir vous sauver.
Octavio - Il est trop tard pour moi, poignardé comme un vulgaire vaurien, moi le plus grand des guerriers, attaqué en lâche.
Cassandre - Gardez vos forces mon bel amour.
Octavio - Que d'amour portez-vous pour un homme que vous connaissiez à peine!
Cassandre - C'est qu'il me semble vous connaître depuis toujours.
Octavio - Seule la vrai Cassandre verserait tant de larmes sur ma dépouille.
Cassandre - Ne me quittez pas, mon tendre amour.
Octavio - Seule Cassandre murmurait des mots doux à mon oreille alors que j'agonise.
Cassandre - Vous vivrez mon amour!
Octavio - Je suis déjà mort.
Cassandre - Ne dites pas cela!
Octavio - Cassandre...Je vous ai toujours aimée.
Cassandre - Je sais mon amour.
Octavio - Je n'ai aimé que vous.
Cassandre - Moi aussi mon amour, moi aussi et au fond de mon coeur je sais qu'en mon ventre je porte le fruit de notre amour.
Octavio - Comme il est doux d'entendre de si tendres paroles, les dernières qu'il me soit permis d'entendre.
Cassandre - Mon amour! Non!(Elle l'embrasse. Puis, Octavio meurt dans ses bras) Non! Octavio! Revenez mon amour, revenez. (Elle pleure)
Acte III, scène IV
Cassandre - Mon bel amour, où es-tu? Pourquoi a-t-il fallu que tu me quittes au moment où j'étais enfin tienne? Me voilà bien punie d'avoir trompé Hyppolithe mon mari. (Entre Hyppolithe) Mon mari, je vous ai trompé avec votre cousin, je mérite la mort.
Hyppolithe - Allons ma mie, ne soyez pas si dure à votre égard.
Cassandre -(Se jetant à ses pieds) O Hyppolithe mon mari, j'ai péché contre le ciel et contre vous, punissez-moi. Je suis prête à entendre votre sentence.
Hyppolithe - Comment pourrais-je vous punir avec tout l'amour que je vous porte?
Cassandre - Cet amour que j'ai trahi.
Hyppolithe - Après tout ce que nous avons vécu?
Cassandre - Oubliez le passé et ne voyez que le présent. Punissez- moi!
Hyppolithe - Je ne puis m'y résoudre. J'ai déjà perdu un frère, je n'ai pas envie de perdre celle qui est pour moi une soeur et une épouse. Vous voilà bien puni de la mort de votre amant, aucune punition ne saurait s'ajouter à un tel supplice.
Cassandre - Comme vous êtes bon pour moi mon mari, je promets de faire tout ce que vous direz. Je n'ai plus que vous.
Hyppolithe - Je serai toujours là pour vous.
Cassandre - Comme vous êtes aimable mon mari! Je vous aime!
Hyppolithe - Je vous aime aussi. (Il l'embrasse)
Cassandre - Que puis-je faire pour me faire pardonner.
Hyppolithe - Commencez par soigner votre chagrin. Et continuez à m'aimer comme aujourd'hui. (Il la serre sur lui)
Acte III, scène V
(Dans la cours du palais)
Hyppolithe - Esméralda et la soubrette prennent bien soin de Cassandre. Me voilà rendu avec deux femmes qui commencent à tisser un lien d'amitié entre elles. Pourtant, il me faudra bientôt choisir entre celle que j'ai toujours aimée et celle avec qui j'ai passé une tendre nuit d'amour. Ha! Cher cousin Octavio, si au moins tu étais là, le choix se ferait de lui-même.
Le spectre d'Octavio - Hyppolithe! Hyppolithe!
Hyppolithe -(Effrayé) Qui est là?
Le spectre Octavio - Ne craignez rien, je ne vous veux point de mal.
Hyppolithe - Me voilà si troublé qu'il me semble entendre la voix de mon cousin.
Le spectre d'Octavio - Vous ne rêvez pas, c'est bien moi.
Hyppolithe -(L'apercevant) Mais vous êtes mort?
Le spectre d'Octavio - Ne craignez pas, je ne viens pas vous hanter.
Hyppolithe - Que me voulez-vous?
Le spectre d'Octavio - Vous avez bien agi avec Cassandre, elle sera bonne avec vous. Elle vous aimera comme vous le méritez.
Hyppolithe - Et qu'adviendra-t-il de la belle Esméralda?
Le spectre d'Octavio - Prenez bien soin des deux et de leur progéniture, car en leur sein germe la vie et le temps choisira pour vous celle que vous garderez comme épouse.
Hyppolithe - Mais, j'aime la première et j'ai dormi avec la seconde, j'ai offensé le ciel.
Le spectre d'Octavio - S'il n'avait eu cette guerre vous auriez marié Esméralda et moi Cassandre et nous aurions été heureux ainsi. Mais comme votre père s'est entêté et que je fus l'un des plus valeureux guerriers, j'ai été puni. Sachez que la guerre n'apporte rien de bon et qu'elle seule est responsable de mon malheur. Quant à vous parce que vous avez été un bon roi et que vous avez mis fin à la guerre en compagnie de Cassandre la prospérité s'étendra à tout votre royaume pendant sept générations. (Le spectre s'en va) Adieu!
Hyppolithe - Octavio? Octavio? Où es-tu? Le voilà repartit!
Gustave - Mon roi! Mon roi!
Hyppolithe - Par ici Gustave!
Gustave - Oh mon roi! Vous voilà enfin!
Hyppolithe - Tu me sembles bien essoufflé. Quel malheur frappe encore mon royaume.
Gustave - Ne craignez rien mon roi, c'est un messager du roi Hospodar notre allié qui nous apporte de bonnes nouvelles.
Hyppolithe - Ce n'est pas trop tôt. Allons raconte vite.
Gustave - Hé bien, le roi Hospodar, notre allié, a capturé les deux brigands qui ont tué Octavio votre cousin.
Hyppolithe - En voilà deux que j'aurai tôt fait de châtier.
Gustave - Ce n'est pas tout. Le roi Hospodar a découvert qu'ils étaient la cause de la guerre qui opposait nos deux royaumes.
Hyppolithe - Comment cela se peut-il?
Gustave - Hé bien les deux brigands ont inventé un stratagème pour faire fuir les amoureux. L'un d'eux se déguisait en ours tandis que l'autre subtilisait leurs bourses. Alors le roi Hospadar fît placer des pièges dans lesquels nos braves toutous se coinçaient les pattes.
Hyppolithe - (En colère) Diantre! Foi d'Hyppolithe, j'en connais deux qui, dès ce soir, se balanceront au bout d'une corde ou je ne suis plus roi. Ainsi, plus personne ne dira que je suis un froussard et plus personne n'osera désormais me prendre en pitié. À partir de ce soir, tous craindront les foudres de ma colère et aucun n'aura le courage de lever une armée contre moi (Il sort).
Gustave - Profitons de l'occasion pour parfaire mon histoire sur la mort de ce brave Octavio. Alors qu'il se promenait amoureusement avec la princesse Esméralda, son épouse, il se retrouva face à face avec deux brigands. Non, ce n'est pas cela. (En sortant) C'est alors qu'il se retrouva devant un ours. N'écoutant que son courage il écarta sa douce moitié et affronta la bête à main nue...
Fin.
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